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Boulleret

Cérémonie du 8 mai 2017

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes rassemblés ici Elus, Anciens Combattants, élèves de nos écoles, Citoyens, pour commémorer le 8 mai 1945 et la victoire des nations alliées sur l’Allemagne Nazie.

Il y a 72 ans prenait fin en Europe la guerre la plus meurtrière que l’humanité ait connue. Plus de cinquante millions de femmes, d’hommes et d’enfants dont la moitié de civils périrent.

La situation économique dégradée de l’Allemagne en 1932 avec un chômage qui atteignait près de 30 % un déficit budgétaire record et une forte baisse des recettes fiscales avait permis l’avènement d’un parti d’extrême droite qui avait basé sa campagne sur la protection du peuple Allemand avec à sa tête Adolf Hitler.

Nous connaissons tous cette page de l’histoire contemporaine de nos pays.
Il y a quelques minutes après la sonnerie de notre fanfare, les drapeaux se sont baissés et chacun a été invité à observer une minute de silence.
En ce qui me concerne, pendant cette minute de silence :

J’ai senti la fumée des livres de Voltaire, de Karl Marx, de Sigmund Freud, d’Albert Einstein, de Berthelot Brecht sortis des bibliothèques et brûlés dans les rues.

Pendant cette minute de silence j’ai revu ces défilés rythmés par les claquements des talons des bottes et animés par ses bras tendus vers le ciel.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu les sifflets de la Police Française pendant les Raffles du Vel d’hiv.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu manœuvrer les verrons des wagons qui conduisaient juifs, communistes, homosexuels, tziganes et tous les opposants politiques vers les camps dont très peu ne revinrent.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu le cri des enfants qu’on séparait de leur mère et senti l’odeur des corps brûlés.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu les cris des résistants torturés au fond des caves par la milice ou la gestapo.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu les cris de la population rationnée et affamée.

Pendant cette minute de silence j’ai aperçu les silhouettes anonymes et entendu le chuchotement de l’armée des ombres.
J’ai entendu aussi le silence de ceux qui risquaient leur vie pour cacher parmi les leurs des enfants juifs.

Pendant cette minute de silence j’ai entendu le vrombissement des avions alliés et les sirènes des bateaux du débarquement de Normandie.
Enfin, j’ai entendu les cris de liesse, le son de l’accordéon, des bals de la libération et la joie de la liberté retrouvée.

Aujourd’hui nous sommes en paix quelle chance et quel bonheur !

Et pourtant dans d’autres pays du monde comme en Syrie, des hommes et des femmes, armes à la main, résistent à la fois contre le gouvernement de Bachar el-Assad et contre Daesh.
Les habitants de ses territoires, pour protéger leurs familles sont contraints comme chez nous en 1940 quand les Hollandais, les Belges, le Luxembourg et les habitants du Nord de la France y avaient été obligé, à quitter leur pays avec leur vie dans un simple sac.

Savourons donc cette paix dont nous profitions chaque jour.
Cette paix, garantie par l’Europe, qu’on accuse souvent de tous les mots.
Sans jamais oublier les valeurs de notre république liberté, égalité, fraternité.

Vive la France et vive l’Europe !

Avant de terminer cette cérémonie, je souhaiterais que nous ayons tous une pensée pour notre ami Raymond Rovira dernier résistant de la commune qui nous a quitté cet hiver.
Présent à chaque commémoration il portait fièrement le drapeau. Toujours attentif aux autres, il avait tiré de cette période de sa vie une grande sagesse.
Son témoignage qu’il avait apporté à plusieurs reprises au sein de notre école était apprécié pour sa sincérité.
Comme je m’y était engagé vous trouverez son drapeau dans la salle où nous prendrons le verre de l’amitié.

Cérémonie du 11 novembre 2016

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

En ce début novembre 1918, le rapport de force était en faveur des armées alliées et la fin de la guerre était proche : la Bulgarie et l’Autriche avaient capitulé et le 2 octobre, Ludendorff avait déclaré au gouvernement allemand que l’armée était à bout de force et qu’un armistice s’imposait. La campagne de France, au cours de laquelle les pertes humaines furent particulièrement sévères de part et d’autre, se déroulait avec succès depuis le mois de juillet 1918 et les Allemands reculaient sur tous les fronts. L’ultime opération de la guerre allait se dérouler entre Charleville-Mézières et Sedan par un franchissement de la Meuse destiné à montrer la détermination de la France et à contraindre les Allemands à signer l’Armistice.

Le commandant de Menditte relata ainsi les événements du 11 novembre 1918 dans son carnet de notes journalières :
« Le [canon de] 75 rageur a tiré régulièrement, montrant aux Boches que nous faisons bonne garde autour du régiment et, au jour, le feu recommence mais il est peu intense. Du reste, la situation est rectifiée à mon avantage. J’ai réorganisé mon front. Mes compagnies sont en liaison les unes avec les autres, mes hommes ont mangé chaud et je les ai ravitaillés en cartouches. Hier, cette opération avait dû être faite de jour mais pour les mitrailleuses seulement et dans des conditions effroyables car le terrain était battu par les mitrailleuses ennemies. Cette fois, mes hommes ont tout ce qu’il faut pour tenir et ils tiendront. Vers 6 heures 30 circule le bruit de l’armistice. À 8 heures 30, l’avis est officiel. Pendant ce temps, on continue à tirer sur le front du régiment et les obus allemands tombent sur Dom-le-Mesnil. Je fais passer la bonne nouvelle au régiment et on attend ! 10 heures 45 : les obus tombent encore sur le village. 10 heures 57 : la mitrailleuse tire encore. 11 heures : un de mes clairons sonne “ Cessez le feu ”, “Levez-vous ” puis “Au Drapeau ”. Les autres clairons répètent. La Marseillaise monte dans le lointain. Des cris de joie et les cris plus éloignés des Boches qui sortent de leurs trous et veulent fraterniser. Quelle joie et quelle émotion ! Ici tout est en remue-ménage. On sort de l’église tous les lits boches qui s’y trouvent. Le père Guiton dit la messe et monte en chaire, mais à ce moment arrive le général Boichut qui ne reste que 10 minutes mais qui est suivi de trompettes d’artillerie et de cavalerie sonnant de joyeuses fanfares. La cérémonie continue, on chante le Te Deum et, ma foi, après cela on déjeune, avec quel appétit ! Aussitôt après déjeuner, le colonel Petitdemange arrive, il veut voir le régiment sur place et je l’accompagne sur la position. Il félicite les hommes, les officiers et passe sur une grande partie du front car mon régiment n’a pas bougé et garde la place. Il fait un temps merveilleux. À mon retour, je trouve dans la rue le colonel Gizard qui rentre de permission. Il a perdu une bien belle matinée mais a gagné le calme d’une journée de dimanche qui fut bien angoissante pour moi (…). J’ai perdu 45 tués, 87 blessés et 12 disparus au cours de la journée d’hier. La proportion de tués est énorme pour de la guerre en rase campagne et prouve l’acharnement mis dans la lutte mais j’avais devant moi la Garde Prussienne… »
Les combats ont effectivement continué jusqu’au dernier moment. Le 1re classe Augustin Trébuchon berger lozérien âgé de 40 ans mobilisé dès 1914, estafette de la 9e compagnie, titulaire de la Croix de guerre, fut tué à 10 heures 50 d’une balle dans la tête alors qu’il était porteur d’un dernier message pour son capitaine. Il a été le dernier mort de la Première Guerre mondiale dans le secteur mais, officiellement, il sera déclaré mort à Vrigne-Meuse le 10 novembre 1918 à 10 heures du matin.
Le dernier jour de guerre fit près de 11000 tués, blessés ou disparus ; certains soldats ayant perdu la vie lors d’actions militaires décidées par des généraux qui savaient que l’armistice avait été signé.
Cette armistice signé le 11 au matin en forêt de Rethondes mettait fin à un conflit qui fût au début du siècle dernier le plus terrible et le plus meurtrier de l’Histoire du Monde : 40 millions de victimes civiles et militaires, 19 millions de morts, 21 millions de blessés, 27% des jeunes français de 18 à 27 ans décimés et des milliers d’autres victimes civiles et militaires en marge des combats.
Aujourd’hui, la guerre de 1914-1918 est entrée dans l’Histoire et la loi inexorable du temps qui passe donne aux générations qui suivent et qui n’ont pas connu cette époque, d’avantage encore de responsabilité.
Il nous appartient donc à tous, élus, anciens combattants, enseignants, citoyens d’entretenir le souvenir de toutes ces victimes et de leurs familles dont les vies se sont brisées.
Et nous savons bien que ne suffisent pas pour cela les longues listes de noms gravés dans la pierre de notre Monument aux Morts et de tous les monuments de France.
Il nous appartient d’aller plus loin, d’associer le souvenir des victimes et la connaissance des causes, les circonstances et les conséquences de cette guerre... c’est un devoir pour la mémoire et pour l’Avenir de nos enfants…..pour leur avenir.
A l’heure ou nous devrions savourer notre bonheur dans un pays en paix je vous invite à la plus grande méfiance car l’incertitude qui règne aujourd’hui et le sentiment de précarité qui dominent les esprits, comme lors de toutes les périodes de crise, favorisent la peur, les réflexes de repli sur soi, les opinions xénophobes et la haine.
Cela doit nous rappeler combien il est nécessaire, afin de ne pas tomber dans la tentation extrémiste, terreau du chaos et de la guerre d’œuvrer heure après heure, jour après jour, tous ensemble pour la paix.

Cérémonie du 11 novembre 2015

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

Le 11 novembre 1918 à 5h15 du matin, en forêt de Rethondes, la France signe avec l’Allemagne l’armistice marquant la fin de la 1ère Guerre Mondiale.

Le temps de cette belle journée qui s’éveille est frais et légèrement brumeux.
Cette brume se lève rapidement comme pour permettre à 11h00 aux clairons qui sonnent à chaque bout des tranchées de porter cette bonne nouvelle au sein des troupes.
Dans tous les villages de France, les cloches des églises se mettent à sonner à toute volée.
A Paris, la foule envahit les grands boulevards dans un enthousiasme indescriptible.
Tout le monde se met à chanter la Marseillaise, l’écho des milliers de voix se substitue au vacarme habituel, le trafic s’arrête, la rue est à la foule.
La France est en liesse.
La guerre est finie.

Albert Mayer, 22 ans, et Jules André Peugeot, 21 ans, étaient partis en 1914 avec un enthousiasme certain, tous deux convaincus qu’ils seraient de retour pour Noël.
Ils furent les deux premières victimes de ce conflit qui verra tomber plus d’un million et demi de soldats français durant ces 4 années dont la grande majorité avait de 18 à 27 ans.

Entre le 1er août et le 15 septembre 1914, ce sont 320 000 soldats français morts ou blessés qui disparaissent avec 25 000 morts dans la seule journée du 22 août.
La bataille de Lorraine fauchera 80 000 français, celle de Verdun plus de 37 000, la bataille de la Somme plus de 200 000 et tant d’autres.

Il y a 97 ans, ce 11 novembre, les soldats quittent les tranchées qui ont été leur seul horizon pendant ces 4 années pour rentrer chez eux heureux mais aussi très graves car ils savent qu’il va falloir du temps pour oublier, quand bien même pourraient-ils l’oublier, le vacarme des canons.
Qu’il va falloir du temps pour oublier les visages de leurs amis figer par la mort.
Qu’il va falloir du temps pour oublier les pleurs et les gémissements des blessés.
Qu’il va falloir du temps pour oublier le cri des chevaux agonisants.
Qu’il va falloir du temps pour oublier les tranchées boueuses, les rats, les odeurs de chair en décomposition broyée par les obus.
Qu’il va falloir du temps pour oublier les angoisses, les peurs et tant de choses endurées.
Qu’il va falloir du temps pour accepter un nouveau visage quand il a été fendu d’un éclat d’obus.
Qu’il va falloir aussi du temps pour retrouver leur famille mais aussi affronter le regard et le désespoir des épouses, des enfants ou des parents de ceux qui ne sont pas revenus.

Nous sommes aujourd’hui réunis autour de ce monument : Boulleréennes, Boulleréens, Anciens Combattants, musiciens, enfants des écoles mais aussi vous tous qui êtes rassemblés ici pour rendre un hommage humble, sincère et empreint d’émotions à tous ces soldats qui ont leur nom de graver sur notre monument mais aussi à tous les autres quelque soit leur nationalité, et faire comprendre que cette cérémonie ne sera jamais ordinaire.
Notre mémoire collective restera marquée à jamais de ces évènements comme elle doit rester marquée de l’empreinte de toutes les guerres, de leurs victimes avec leurs rêves brisés et leurs espoirs anéantis.

Il est important de prendre le temps d’expliquer l’histoire, cette histoire, notre histoire pour construire la Paix.
Ces grands conflits d’hier, comme ceux que nous vivons aujourd’hui, sont souvent le fruit d’inégalités, d’injustices, d’indifférence, d’intolérance, de racisme, d’individualisme et de repli sur soi.
Construire la paix, c’est construire l’avenir, c’est construire un autre monde, c’est construire les conditions d’une sécurité internationale, économique, sociale et écologique, et c’est mettre tout simplement l’humain avec ce qu’il a de meilleur, au cœur de tout développement.

Vive la Liberté
Vive la France
Vive l’Europe
et vive la Paix

Cérémonie du 8 mai 2015

Discours de Monsieur Bernard Buffet, 1er adjoint

Le 7 mai 1945 à 2H41, le général allemand Jodl signe à Reims l’acte de capitulation sans condition des forces allemandes. La cessation des hostilités sera effective le 8 Mai.

Contrairement à la guerre 14-18, notre région a connu l’occupation par les forces nazies.

Il y a 70 ans notre région était libérée.

Dès le 6 juin 1944, jour du débarquement, les forces de résistance clandestines multipliaient sabotages et actions pour empêcher les renforts allemands d’atteindre les côtes du débarquement. Peu à peu l’ennemi est refoulé par la coalition alliées. La pression des maquis se fait plus insistante.
Des exactions sont commises par des groupes allemands en retraite harcelés par le maquis.

Le 25 juin 1944, à Thauvenay, un groupe de jeunes s’enfuit au passage d’une colonne, trois d’entre eux sont tués, les allemands s’acharnent sur le village qu’ils incendient faisant 7 victimes dont un enfant de 7 ans et 27 maisons détruites.

Le 27 août à Saint-Satur, le PC du maquis qui occupe le silo est surpris par des camions ennemis. 7 hommes du village sont sauvagement assassinés.

Le 6 septembre, Bourges ville préfecture est libérée par les FFI du Colonel de Vogüé, alias Colomb maire de Boulleret , le 1er régiment d’infanterie clandestin du Colonel Bertrand, les FTP du colonel Hubert appuyés par deux jeeps du 4ème bataillon de parachutistes SAS.

Beaucoup d’allemands se rendent et sont emmenés avec leurs armes dans des centres de désarmement tenus par les américains. Ces colonnes sont encadrées par les résistants. Cette situation génère des bavures.
Ainsi le 16 septembre, le soldat Pierre Maudry, originaire de Sainte Gemme, est abattu par un des prisonniers qu’il escortait.

Tous ces maquisards quittent la clandestinité et retournent dans leurs foyers. Cependant un nombre important continue la guerre. FFI et FTP se retrouvent dans le premier régiment populaire du Berry pour aller déloger les allemands retranchés dans la poche de Royan. D’autres rejoignent la première armée française dans les Vosges.
C’est aussi le retour de nombreux prisonniers de guerre, libérés de leurs stalags. Après 4 ans de captivité, ils retrouvent leurs foyers et doivent se réinsérer dans la vie active, souvent traumatisés par une capitulation imposée malgré une bravoure qu’ils n’ont pu montrer.

C’est aussi le retour des déportés dans les camps de concentration, les « nuits et brouillards », ces « terroristes » arrêtés souvent par des miliciens français et envoyés dans ces camps de la mort. Ils gardent le silence tant de telles atrocités sont incroyables pour ceux qui ne les ont pas subies.

Enfin des familles, des amis pleurent un des leurs, tué au combat dont les noms sont inscrits sur nos monuments aux morts.

Il faut aussi rendre un hommage aux femmes qui en l’absence des hommes mobilisés, prisonniers, maquisards, réfractaires au STO ont travaillé la terre, sont devenues ouvrières d’usines, ont pris des risques énormes en ravitaillant les maquis, en portant des messages et tracts de la résistance. Il était bien normal que le droit de vote leur soit accordé et que pour la première fois elles puissent glisser leur bulletin de votre dans l’urne il y a exactement 70 ans.

Cette paix pour laquelle tous ont lutté perdure depuis 1945 dans notre pays. Si nous regardons le monde actuel secoué par des conflits nombreux et sanglants, nous devons tout faire pour la conserver et œuvrer sans relâche pour que les différents se règlent d’une façon pacifique.

Cérémonie du 15 Mars 2015

Monsieur et Madame Jean et Elise DHERBIER
« Justes parmi les Nations »

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

"Madame Michal PHILOSOPH, Porte Parole près l’Ambassade d’Israël à Paris
Monsieur François GUGUENHEIM, Vice Président du Comité français pour Yad Vashem
Monsieur Yves FROMION, Député du Cher
Monsieur Pascal VIGUIE, Conseiller Général du canton de Léré,
Madame Anne PERRONET, Présidente de la Communauté de Communes
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux,
Père FAUVEL
Messieurs les Commandants de la Communauté de Brigade de Sancerre et du PSPG de Sury Près Léré
Mesdames Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants
Mesdames Messieurs les enseignants des écoles du RPI Boulleret/Ste Gemme
Mesdames Messieurs les Présidents d’Associations
Mesdames, Messieurs petits enfants, arrières petits enfants d’Elise et Jean Dherbier,
Madame Annette Waldman /Bonnet
Mesdames, Messieurs,

En Allemagne à la faveur de la crise économique de 1929 qui entraine chômage et récession, des échecs de la République de Weimar, de nationalisme engendré par le traité de Versailles signé à l’issue de la première guerre mondiale et de la fragilité de la démocratie naissante, le National Sozialistische Deutshe Arbeiter Partei , petit parti d’extrême droite crédité de 2.6 % des suffrages aux élections de Reichstag de 1932 , gagne en importance au fil des scrutins électoraux pour l’emporter aux élections parlementaires de novembre 1932 avec 33.1 % des voix.
Ce résultat permet au « petit caporal » Adolphe Hitler, comme le nommait Hindenburg, d’être nommé chancelier en 1933.
Il ne lui faudra que quelques mois pour se faire confier les pleins pouvoirs.
Au prétexte de l’incendie du Reichstag, il interdit le parti communiste, plus de 10000 militants sont arrêtés. Sous l’autorité de Joseph Goebbels, nommé ministre de la propagande le 10 mai 1933, débute le nettoyage des bibliothèques universitaires ou les ouvrages d’auteurs jugés indésirables parce qu’ils sont libéraux, pacifistes, socialiste ou juifs, sont détruits par le feu. Parmi ceux-ci : les livres de Voltaires, de Karl Marx, de Sigmund Freud, d’Albert Einstein ou de Bertolt Brecht.
Puis, à partir de juillet, toutes les formations politiques sont interdites au profit du seul parti nazi, les syndicats sont remplacés par un nouvel organisme corporatiste contrôlé par le pouvoir. Dans les mêmes temps, les mouvements de jeunesse aux premiers rangs desquels figurent les jeunesses hitlériennes enrôlent et mobilisent les jeunes allemands.
Heinrich Himmler est investi des pleins pouvoirs de police.

L’idéologie nazie développe une vision du monde fondée sur un principe d’inégalité des races qui détermine la place de chacun dans la hiérarchie des peuples.
En haut de la pyramide, les Aryens, présupposés « fondateurs de l’Humanité » incarnés par le peuple allemand à qui il revient de dominer le monde.
En bas les slaves et bien en dessous les juifs envers lesquels Hitler exprime une haine exceptionnelle.

Dés 1933, des milliers d’allemands considérés comme « antinazis » ou « asociaux » sont orientés vers le camp de Dachau et dans les années qui suivent vers Buchenwald, Mauthausen, Flossenburg ou Ravensbrück. Ils y seront rejoints à partir de 1937 par les témoins de Jéhovah et les tsiganes.

Les ambitions territoriales d’Hitler et de l’Allemagne nazie conduisent au regroupement des populations germaniques puis à l’annexion des Sudètes à l’Ouest, de la Tchécoslovaquie jusqu’à l’invasion de la Pologne qui déclenche, par le jeu des alliances la seconde guerre mondiale en 1939.
Malgré le courage de ses soldats, à terre, dans les airs et sur mers, l’armée française est défaite en quelques mois. Désigné Président du Conseil par le Président Albert Lebrun après la démission de Paul Reynaud, le Maréchal Pétain lance un appel a « cesser le combat ».
Edmond Michelet, militant d’Action Catholique » est le premier à dénoncer cette capitulation par voie de tracts distribués le soir même dans les boites aux lettres de Brive la Gaillarde.
Le 18 juin, c’est le général de Gaulle qui, depuis Londres, lance son appel sur les ondes de la BBC, acte fondateur de la France Libre.
Malgré ces appels, la France capitule et l’armistice franco -allemande est signée le 22 juin 1940 dans un wagon en forêt de Compiègne là même où avait été signée l’armistice du 11 novembre 1918 entre l’Allemagne, la France et ses Alliés, laissant le drapeau rouge flanqué d’une croix gammée flotter sur Paris.

Dés lors, la France est partagée en deux par la ligne de démarcation entre une France dite libre et une France dite occupée. Cette ligne traversait notre département de Thénioux à Appremont.

Pétain a qui les députés de l’assemblée nationale, ont voté les pleins pouvoirs, prend la tête d’un régime désigné sous le nom d’ « Etat Français » qui s’installe à Vichy.

La mention « République Française » disparait des actes officiels et Pétain met en œuvre une politique de collaboration avec les nazis. Cette collaboration prendra plusieurs formes : Coopération économique et politique mais également policière avec l’arrestation sur le territoire métropolitain de résistants, de francs maçons, d’opposants politique et la persécution des juifs.

A l’occasion de l’opération « vent printanier » organisée par les nazis dans toute l’Europe, plus de 13000 juifs sont appréhendés par la police française le 16 et 17 aout 1942 dont plus de 4000 enfants de moins de 16 ans.
Les personnes seules ou les couples sans enfant seront convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris, tandis que les familles avec enfants seront quant à elles dirigées vers le vélodrome d’hiver.
Plus de 8000 personnes dont une majorité d’enfants y seront entassés pendants plusieurs jours dans des conditions avilissantes, quasiment sans eau, sans nourriture et sans couchage, avant d’être transférés vers des camps de rétentions puis d’être déportés vers les camps d’extermination où l’anéantissement des juifs mais aussi des tziganes, voulu par Hitler dés 1941 prend un caractère « industriel ».

C’est dans ce contexte sordide que Chawa Waldman est internée à Drancy en 1942. Son mari Isaac mobilisé en 1939 est retenu prisonnier. Leur petite fille Annette, âgée alors de 4 ans, est confiée à une famille de Sully sur Loire dans laquelle elle est maltraitée.

Un ami décide alors de cacher cette petite fille à Boulleret chez la famille Dherbier. Elise tient le petit hôtel restaurant qui existe encore de nos jours à coté de l’église, Jean, son mari est bourrelier. Aux clients de l’hôtel, on présente cette petite fille comme une petite cousine parisienne.

Annette est inscrite à l’école communale des filles où elle donne, comme en témoignera Madame Louise Martin, institutrice, « entière satisfaction tant au point de vue travail qu’au point de vue conduite ».

Elle est également inscrite au catéchisme pour rien que ne la distingue des autres enfants ou ne puisse éveiller le moindre soupçon.

Ces trois années sont pour Annette des années de bonheur, découvrant les plaisirs et les jeux de la campagne, les vendanges, les chèvres, la cuisine au contact d’autres enfants dont le grand Rolland, Rolland Torte, qui fut par la suite Maire de Ste Gemme et aujourd’hui disparu.

Ces trois années sont dans le même temps trois année d’inquiétudes pour Elise et Jean, inquiétude que la confession religieuse de leur petite parisienne soit dévoilée, qu’elle puisse être interpellée et déportée, inquiétude que leur propre famille puisse faire l’objet de représailles.

Mais c’était leur façon de rejoindre tous ceux qui n’acceptaient pas l’occupation nazie, de s’opposer et de résister c’était leur combat qu’ils ont menés avec leur seule conscience comme arme, combat silencieux, plein de courage et d’humanité, combat qu’ils ont menés au risque de leur vie pour préserver ce petit bout de gamine, pour préserver l’espoir, pour préserver la vie.

Cette histoire n’est pas une histoire sortie d’un roman, cette histoire c’est l’histoire de gens simples qui ont toujours pensé qu’ils n’avaient fait que leur devoir.
Cette histoire c’est l’histoire de notre village et de ses habitants car dans d’autres familles de Boulleret des enfants juifs ont aussi été cachés et sauvés.
Cette histoire c’est celle que nous devons enseigner dans nos écoles, expliquer que face à la collaboration, face à la soumission, face au repli sur soi, au rejet de l’autre, face à l’horreur, face tout simplement au laisser faire, dès les premières heures de l’occupation surgissant de l’ombre des femmes et des hommes ont su dépasser leur peur, surmonter leur rancœur, leur partialité, leurs divergences pour s’opposer , pour résister au nom de la justice et au nom de la liberté.
Nous devons aussi rappeler sans cesse que la paix, le respect de l’autre, la tolérance, le progrès économique et social sont des combats quotidiens et qu’à aucun moment nous ne devons baisser la garde ni relâcher notre vigilance.

Lisons et relisons sans cesse notre histoire de France et l’histoire du monde et n’oublions jamais que ce sont des thèses populistes qui dans des périodes troubles ont conduit à ce conflit.
ENFIN
Lisons et relisons sans cesse cette belle histoire, celle d’une petite juive cachée à BOULLERET et sauvée par un bourrelier et son épouse."

Cérémonie du 8 mai 2014

69ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945
Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

En Allemagne, à la faveur de la crise économique de 1929 qui entraine chômage et récession, des échecs de la République de Weimar, de nationalisme engendré par le traité de Versailles signé à l’issu de la première guerre mondiale et de la fragilité de la démocratie naissante, le National Sozialistische Deutshe Arbeiter Partei, petit parti d’extrême droite crédité de 2.6% des suffrages aux élections de Reichstag de 1928, gagne en importance au fil des scrutins électoraux pour l’emporter aux élections parlementaires de novembre 1932 avec 33.1% des voix.
Ce résultat permet au "petit caporal" Adolphe Hitler, comme le nommait Hindenburg, d’être nommé chancelier en 1933.

Il ne lui faudra que quelques mois pour se faire confier les pleins pouvoirs.
Au prétexte de l’incendie du Reichstag, il interdit le parti communiste, plus de 10000 militants sont arrêtés.
Sous l’autorité de Joseph Goebbels, nommé ministre de la propagande le 10 mai 1933, débute le nettoyage des bibliothèques universitaires où les ouvrages d’auteurs jugés indésirables parce qu’ils sont libéraux, pacifistes, socialistes ou juifs sont détruits par le feu. Parmi ceux ci : les livres de Voltaire, de Karl Marx, de Sigmund Freud, d’Albert Einstein ou de Bertolt Brecht.
Puis, à partir de juillet, toutes les formations politiques sont interdites au profit du seul parti nazi, les syndicats sont remplacés par un nouvel organisme corporatiste contrôlé par le Pouvoir.
Dans les mêmes temps, les mouvements de jeunesse aux premiers rangs desquels figurent les jeunesses hitlériennes enrôlent et mobilisent les jeunes allemands.
Heinrich Himmler est investi des pleins pouvoirs de police.

L’idéologie nazie développe une vision du monde fondée sur un principe d’inégalité des races qui détermine la place de chacun dans la hiérarchie des peuples.
En haut de la pyramide, les Aryens, présupposés "fondateurs de l’humanité" incarnés par le peuple allemand à qui il revient de dominer le monde.
En bas, les slaves et bien en dessous les juifs envers lesquels Hitler exprime une haine exceptionnelle.

Dès 1933, des milliers d’allemands considérés comme "antinazis" ou "asociaux" sont orientés vers le camp de Dachau et dans les années qui suivent vers Buchenwald, Mauthausen, Flossenburg ou Ravensbrück.
Ils y sont rejoint à partir de 1937 par les témoins de Jéhovah et les tsiganes.

Les ambitions territoriales d’Hitler et de l’Allemagne nazie conduisent au regroupement des populations germaniques puis à l’annexion des Sudètes à l’Ouest de la Tchécoslovaquie jusqu’à l’invasion de la Pologne qui déclenche par le jeu des alliances la Seconde Guerre Mondiale.

Durant ce conflit, qui aura duré plus de 2000 jours, des hommes, des femmes et des enfants ont vécu l’enfer.
En Europe, en Asie, en Afrique ce sont plus de 50 millions de victimes, 35 millions de blessés, 3 millions de disparus parmi lesquels 6 millions de juifs et 220 000 tsiganes coupables seulement d’être nés.

Le 8 mai 1945 marque la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin d’une immense tragédie.

69 années ont passé et nous sommes ici réunis : anciens combattants, enfants des écoles, enseignants, élus, musiciens, citoyens pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux : militaires, résistants de tous pays différents par leur religion, leur philosophie, appartenant à des partis politiques différents, issus de pays et de culture différents qui ont uni leur force contre la barbarie, l’intolérance et le totalitarisme.
Nous sommes ici aussi pour rendre un hommage solennel à toutes les victimes de ce conflit et à leurs familles.
Nous sommes aussi ici réunis pour tous ceux qui sont engagés aujourd’hui dans des conflits qui violentent le quotidien de femmes et d’hommes qui attendent en vain le droit de vivre en Paix.
Il est important d’associer les plus jeunes à nos commémorations aux côtés des anciens comme il est important que ceux qui peuvent encore témoigner auprès des jeunes générations le fasse comme Raymond Rovira l’a fait en juin dernier auprès des enfants de nos écoles.

Aujourd’hui c’est un message d’espoir que nous devons porter mais aussi un message de vigilance car comme en 1929, dans une société qui souffre, il est plus commode de désigner des boucs émissaires que de s’interroger sur les causes du mal être économique et social.
C’est bien cela la première leçon de l’histoire que nous devons tirer, c’est cela notre devoir ; ne pas classer le moindre espace au racisme, au négationnisme, à la stigmatisation des étrangers, à la désignation des plus faibles et des plus pauvres comme responsables de nos maux.
La seconde est de bâtir un avenir à notre pays dans un cadre européen élargi, solidaire et social sans jamais oublier ni notre histoire ni l’Histoire de notre pays.

Vive la Paix
Vive la France
et vive l’Europe

Cérémonie du 11 novembre 2013

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

Le 11 novembre 1918 à 11h00, après 52 mois de combats absolus, les clairons entament les "Cessez le feu", "Levez-vous" et "Au drapeau" de rigueur.
Dans les tranchées, la Marseillaise jaillit à pleins poumons ...
C’est la fin de la guerre. L’armistice vient d’être signée à Rethondes.

Cette grande guerre laisse derrière elle les rubans de crêpe noir du deuil des 8 millions de fils, de frères et de pères mobilisés et des 6 millions de victimes civiles.
Cette grande guerre laisse aussi derrière elle près de 20 millions de mutilés, d’infirmes, de cul de jatte, de manchots, de gazés, de trépanés, de paralysés et de gueules cassées dont le regard est insupportable.
Cette grande guerre laisse aussi dans les têtes de ceux qui ont survécu des cauchemars qui hanteront leurs nuits jusqu’à leur mort.
Cette grande guerre laisse aussi beaucoup d’incompréhension chez les femmes qui, pendant quatre années, ont remplacé les hommes dans les fermes ou dans les usines, et ne virent pas leur sort s’améliorer après la guerre : refus du droit de vote, retour aux tâches traditionnelles et à l’enfantement.
Cette grande guerre laisse aussi derrière elle des familles condamnées à la double peine du deuil et de la honte pour un frère, un père, un époux condamné à mort par un tribunal militaire pour l’exemple pour "refus d’obéissance", "abandon de poste"... En quatre ans, ce sont près de 140 000 hommes qui seront traduits en jugement dont 5 000 seront condamnés à mort.
Mais qui de nous pourrait aujourd’hui reprocher à ces soldats paralysés par la peur ou épuisés par des attaques à répétition pour gagner quelques dizaine de mètres, de ne pas avoir voulu sortir de leur tranchée ou de se replier dans une tranchée à l’arrière comme les condamnés de Vingré. Ils méritent aussi notre reconnaissance.
Cette grande guerre laisse aussi derrière elle le ressentiment de l’absurdité face à l’incapacité et l’irresponsabilité de certains officiers.
En 1917, l’offensive du Général Nivelle, au chemin des dames, s’est soldée par un carnage et son limogeage n’a jamais rattrapé les 180000 soldats morts au combat lors de cette opération.

Le 28 juin 1919, le traité de Versailles mit fin définitivement à la guerre.

Aujourd’hui rassemblés autour de notre monument élevé à la mémoire des enfants de Boulleret morts au combat, nous devons nous féliciter de cette cérémonie qui lie nos ainés aves les plus jeunes et contribue à la transmission de cet héritage qu’est la mémoire nationale.
Nous devons nous féliciter de toutes les initiatives qui contribuent à expliquer l’histoire et à faire de ce 11 novembre un temps fort de communion entre les générations.

2014 marquera le centenaire de ce conflit qui sera l’occasion d’un hommage international à tous ces combattants tombés pour leur pays.
Car l’actualité nous rappelle chaque jour avec son lot d’images tragiques, combien les armes, les conflits de guerre n’ont jamais cessé de résonner partout dans le monde.
Soyons conscients de la fragilité de notre société qui n’est jamais à l’abri d’un possible retour de la barbarie qui prend aujourd’hui la forme du racisme, de l’antisémitisme, de l’exclusion et du rejet de l’autre au prétexte qu’il est différent de nous.

Victor Hugo écrivait "La guerre c’est la guerre des hommes, la paix c’est la guerre des idées" ;
Alors vive la Paix
Vive la France
et vive l’Europe

Cérémonie du 8 mai 2013

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

"Gabriel garde l’anonyme"
"Le manchot la serre dans ses bras"
"Le fantôme n’est pas bavard"
"L’abbé est nerveux"
"3 jardiniers vous apporterons une cinquantaine de fleurs"

Plus de 50.000 messages de ce type passèrent sur les ondes de la BBC de l’hiver 1941 à l’automne 1944.
Phrases mystérieuses, parfois poétiques, chacune annonçait une opération spécifique que seuls les membres des services secrets ou de la résistance étaient en mesure de décrypter.
L’oreille collée à leur poste de TSF, nombreux furent les Français à écouter au fond d’un grenier ou dans une chambre volets fermés, ces messages de Radio Londres, sans comprendre leurs significations mais seulement pour braver le diktat allemand et refuser les messages de propagande de Radio Paris.

Parmi ces messages, celui du 1er juin à 21h00, heure anglaise, la BBC diffuse quelques mots d’un poème de Verlaine "les sanglots longs des violons de l’automne".
Ce message sera diffusé les deux jours suivants.
Le 5 juin à 22h00, heure anglaise, la BBC diffuse la strophe complète "les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone". Ce message est adressé à la Résistance pour annoncer le débarquement de Normandie.

Le 6 juin au matin, des milliers de soldats américains sont parachutés sur les terres. Sur la côte, américains, canadiens, anglo-canadiens et français libres débarquent sous le pilonnage des batteries allemandes.
Partout sur le territoire, les femmes et les hommes de l’Armée des ombres s’activent pour diffuser des tracts, saboter les moyens de communication ou de transport et retarder le plus possible les mouvements des troupes allemandes vers la Normandie.
La libération de la France, de l’Europe est en route.

Le 8 mai 1945, dans un monde en ruine, l’Allemagne nazie signe sa capitulation et l’on découvre alors les horreurs d’un conflit qui aura duré de longues années.

Soixante huit ans sont passés.

Beaucoup d’entre nous n’ont ni connu ce drame qui a traversé la France, l’Europe et le Monde, ni connu les journées d’espoir qui ont suivies l’été 1944 mais nous de devons pas oublier.

Nous ne devons pas oublier les corps trébuchants des affreuses files de Birkenau, de Mauthausen, d’Auschwitz ou de Buchenwald.

Nous ne devons pas oublier tous ces jeunes soldats de tous horizons, américains, anglais, africains, russes tombés sous les balles.

Nous ne devons pas oublier toutes ces françaises, tous ces français qui ont fait le choix de s’engager dans l’aventure extraordinaire de la Résistance et qui ont fini fusillés ou morts sous la torture parfois sans n’avoir rien lâché, parfois en ayant parlé mais qui pourrait leur en vouloir.

L’écrivain Elie Wiesel disait "ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence".

Ne pas oublier est de notre devoir à toutes et à tous, élus, anciens combattants, enseignants, parents et nous devons porter cette histoire, notre histoire, cette histoire des peuples devant les plus jeunes.
C’est ce que nous ferons à Boulleret très prochainement en accompagnant nos élèves de la classe de CM2 au Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges.

Ne pas oublier c’est aussi nous souvenir des leçons du Conseil National de la Résistance pour lequel la paix n’était pas qu’une question de victoire militaire et pour lequel seuls les progrès sociaux économiques et la confiance en l’avenir qu’ils engendrent pouvaient garantir durablement la sérénité des peuples.

Alors mesdames, messieurs, continuons tous ensemble à mettre notre foi et nos forces dans les combats pour la justice sous toutes ces formes, pour les droits de l’homme dans toutes leurs dimensions, pour le refus absolu des idées de haine, de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie et de mépris et nous resterons fidèles aux espoirs qui s’exprimaient un certain 8 mai 1945.

Vive la Liberté et la Démocratie
Vive la Paix
Vive la France
et vive l’Europe



Cérémonie du 11 novembre 2012

Cérémonie du 11 novembre

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

"C’est dans un wagon-restaurant, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, que le Maréchal Foch accueillit les ambassadeurs allemands le 11 novembre 1918.
L’armistice fût signé à 5h15 marquant la fin de la 1ère Guerre Mondiale, qui avait duré quatre longues années.
Le cessez-le-feu est effectif à 11h00, entrainant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et de sonneries de clairon annonçant dans la joie et la peine la fin d’une guerre qui avait fait des millions de morts, des millions d’invalides et de mutilés.

En ce 11 novembre 2012, nous sommes tous réunis devant le monument aux morts de notre village afin de commémorer la signature de cet armistice, il y a 94 ans.
Nous avons entendu à l’instant prononcer les noms qui sont inscrits sur cet édifice. Chacun de ces noms représente une existence, une personne qui avait une vie de famille, un métier, des projets et des rêves que la guerre a emporté.
Il y a dans ce monument toute la souffrance de nos poilus et de leur famille.
Il y a dans ce monument une leçon de civisme, de morale et d’humilité.
Il y a dans ce monument l’espace du recueillement.

La roue du temps qui tourne fait que les anciens combattants de cette guerre ont totalement disparu.
Il nous appartient donc d’entretenir le souvenir et la mémoire de ces victimes et de leur famille.
C’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui, et j’évoquerai ici la mémoire de Monsieur Pierre Raimbault, Président de la Section UNC-AFN de Boulleret disparu cette année, qui avait toujours à coeur d’organiser cette cérémonie.

Mais il nous faut aller plus loin.
Pour construire, il nous faut enseigner.
Chaque jour, il nous faut associer le souvenir des victimes et la connaissance des causes, des circonstances et des conséquences de cette guerre.
C’est un devoir pour le souvenir de ceux qui partaient en 1914 pour la Der des Ders à la conquête d’un monde meilleur.
C’est un devoir pour l’avenir de nos enfants.
Et c’est un devoir pour l’humanité dont nous voici devenus aujourd’hui tous ensemble responsables.

Vive la Liberté
Vive la France
Vive l’Europe
Et vive la Paix !"

Lecture du discours de l’Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre

Cérémonie du 8 mai 2012

Discours de Monsieur Jean-Louis Billaut, Maire de Boulleret

Le 8 mai 1945 fut signé, à Berlin, l’acte solennel de capitulation sans condition de l’Allemagne nazie qui mettait fin à la Seconde Guerre Mondiale et son lot de terreur, de souffrance et de privation.
Aujourd’hui, tous ensemble devant le monument aux morts, avec les anciens combattants et les enfants des écoles, nous commémorons le 67ème anniversaire de la victoire des forces alliées contre le nazisme et la barbarie, et nous rendons hommage aux combattants, aux victimes de ces terribles armées de guerre, à toutes celles et ceux qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour notre liberté.
Car dès les premières heures, surgissant de l’ombre, des hommes et des femmes ont dépassé leur peur et alors qu’ils auraient pu rester auprès de leurs familles, ils ont été capables de surmonter leur rancoeur, leur partialité, leurs divergences pour résister et devenir passeurs de frontières, saboteurs aux chemins de fer et dans les usines d’armement, agents de liaison, imprimeurs clandestins, maquisard du Morvan et d’ailleurs ou comme Julien Plateau, à Boulleret, sauveur de juifs an cachant des enfants israélites parmi les siens, tous liés par le même idéal de liberté et d’humanité.
Aux conflits militaires entre nations s’est ajoutée la persécution volontaire et systématique de populations civiles, hommes, femmes, enfants parce qu’ils étaient juifs, slaves, tsiganes, opposants politiques ou homosexuels.
Ainsi, près de 50 millions d’êtres humains périrent pendant cette sinistre époque.
Mais qu’a-t-il germé dans l’esprit des hommes pour rendre possible toutes ces horreurs ?
Cette cérémonie du 8 mai doit donc nous rappeler que la paix, le respect de l’autre, la tolérance, le progrés économique et social sont des combats quotidiens et qu’à aucun moment nous ne devons baisser la garde ni relâcher notre vigilance.
Lisons et relisons sans cesse cette histoire - notre histoire - et n’oublions jamais que ce sont des thèses populistes qui, dans une période troublée, ont conduit à ce conflit.
Luttons contre toute forme de racisme ou de xénophobie pour ne plus vivre une telle ignominie et engageons nous chaque jour un peu plus pour la paix, la "Paix" qui comme l’écrivait Albert Camus "le seul combat qui vaille la peine d’être mené".

Puissent les générations futures se souvenir à jamais.
Vive la République
Vive la France
Vive la Paix.


L’ACPG-CATM et l’UNC-AFN sont des associations ayant pour vocation de conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France au cours de notre histoire.

ACPG – CATM

Président : M. Jean URBANIAK
3 Rue du Gabiller - 18 240 Boulleret
Tél : 02.48.72.31.86

UNC – AFN

Président : M. Michel BLAIN
Champfleury n°23 - 18240 Boulleret
Tél : 02.48.72.32.18